Le nouveau sésame de la musique, c’est l’URL. Ça tombe bien, Paris Mix s’est associé au Bureau Export, à La Cantine et à Owni Music sur l’organisation de débats mensuels intitulés Music Net.Works
La première édition, le 21 février, portera sur le thème : Le mp3 est mort, vive l’URL ! : voir ci-dessous
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En cherchant à limiter le streaming gratuit les maisons de disques n’apportent qu’un début de réponse à une bonne question : comment payer pour la musique ?
Alors que la Carte Musique peine à prendre son envol, la question du consentement à payer la musique revient au cœur du débat. L’échec de la Carte Musique a probablement des causes multiples : mauvaise communication, absence de carte physique, manque d’ergonomie du site web, absence d’appli mobile… Soit, laissons encore une 2ème chance à cette Carte, sachant tout de même que celle-ci avait été conçue pour être un accélérateur de tendance… en cas de succès, mais d’échec aussi.
Et voilà que revient en force la question du consentement à payer la musique. S’ils ne veulent pas de la Carte musique, n’est-ce pas simplement le signe évident que les consommateurs n’ont pas envie de payer pour de la musique ! Aujourd’hui, le « piratage en p2p » est derrière nous ; une étude réalisée par Envisional montre que la musique représente moins de 3% du top 10.000 des fichiers les plus partagés sur BitTorrent. Même si Torrentfreak affirme que les pirates sont toujours là, et met en doute les critères de cette étude, ce blog dédié à BitTorrent reconnaît que partout dans le monde, l’industrie musicale propose des alternatives au piratage.
C’est dans ce contexte, où le public n’a pas encore vraiment accepté l’idée de limiter ses usages à ce qui est strictement légal, que des capitaines de l’industrie du disque engagent dans un combat contre les services légaux gratuit. Ils souhaitent arriver à limiter leur attractivité : moins d’écoute d’un même titre, durée d’écoute gratuite limitée, plus d’interruptions publicitaires…. Pascal Nègre, PdG d’Universal mais aussi président de la SCPP (société de gestion collective, des majors notamment) est monté au front en expliquant sur son blog « Comment le streaming gratuit financé par la publicité peut s’inscrire dans un développement durable ». Trois jours plus tard, le directeur de la SPPF (société de gestion collectives des labels indépendants) lui emboîtait le pas en écrivait une tribune sur PC Impact pour affirmer que « La gratuité n’est pas un modèle économique viable pour l’industrie musicale ». Les plus petits labels s’interrogent aussi, par exemple dans cette tribune publiée dans Libération et intitulée « Deezer, Spotify, YouTube et les autres... m’ont tué ».

Producteurs et marchands de musique enregistrée n’ont pas tort : les diffusions gratuites sur Deezer ou Spotify rémunèrent trop peu la musique, en regard de ce que rapporterait la vente de disque ou l’écoute dans le cadre d’abonnement premium. Mais ce raisonnement suffit-il à amener le consommateur à accepter de payer ? On l’a vu, la Carte musique n’a pour l’instant pas joué de rôle accélérateur tandis que les abonnements payants à Deezer explosaient grâce à Orange car ils sont servis en bundle… gratuitement.
Certains observateurs considèrent depuis toujours que la musique en ligne ne peut qu’être gratuite (bien non rival, etc…) d’autres commencent à se ranger à cette position, considérant que le public acceptera sans doute un jour de payer pour un service, mais pas pour la musique qu’il y a dedans. Si vraiment la musique devait être définitivement considérée comme gratuite pas les Digital native, ne faut-il urgemment engager des solutions pour la financer autrement, plutôt que de briser dans l’œuf des initiatives encore jeune comme Deezer ou Spotify qui ont le mérite d’être légales, de permettre de mesurer les écoutes et donc de rétribuer les ayants droits, mais aussi d’adresser les auditeurs puisque ces services bien que gratuits impliquent d’ouvrir un compte avec mot de passe…

Développer les usages légaux sur le Net ne signifie pas forcément que l’on doive à tout prix vendre la musique numérique directement au public. Il faut sans doute reconstruire une chaîne de valeur, de la création à la diffusion qui prenne en compte les différents usages : ceux où le public achète en direct, ceux où la musique est payée en direct par les fournisseurs de services, ceux où les transporteurs contribuent à la création. Est-ce une bonne idée d’amener le jeune public à quitté Deezer gratuit en espérant qu’il s’abonne ? N’est-ce pas jouer à l’apprenti sorcier et renvoyer le fan de musique à ses sites favoris mais illégaux ? Tous les jours apparaissent de nouveaux outils d’échange, notamment dans le cloud où l’espace est privé, puisque protégé par mot de passe, et où rien ne permet de rémunérer les artistes et tous ceux qui font la musique. Faut-il interdire ces nouveaux usages ? Inimaginable ! Il faut donc qu’ils contribuent eux aussi à financer la création. Comment ? Il faut en parler…
La musique devient ATAWAD : accessible partout, tout le temps sur n’importe quel appareil (AnyTime, AnyWhere, AnyDevice) – mais on n’a toujours pas de réponse à la question de savoir qui doit payer la payer, combien et comment. Il serait temps de s’en préoccuper !

Alors que les usages de consommation de musique enregistrée subissent de profondes mutations, peut-on considérer que l’immatériel primera sur le fichier, de quelle manière et avec quels résultats pour les différents acteurs concernés ?
C’est avec ce thème volontiers provocateur que Music Net.Works vous invite à sa première édition le lundi 21 février à 19h00 à la Cantine.
Pour nous éclairer sur le sujet, un panel d’experts débattra et nous proposera sa vision professionnelle de cette évolution majeure de la musique enregistrée.
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