Le jeudi 28 avril à 17h30 à la MIX BOX
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Mais revenons à nos métadonnées…
En créant le CD ou le format mp3, les ingénieurs ont tout fait pour donner le maximum de place à la musique, mais ils n’ont pas pensé aux métadonnées.
Résultat, alors que la musique numérique prend le pas sur toutes les formes de consommation de musique enregistrée, il est encore improbable de s’échanger des playlists ou de circuler facilement dans les biographies ou les photos des artistes sur des systèmes différents. En clair, si la musique est interopérables, les données ne le sont pas.

Les métadonnées, ce sont toutes les informations liées à la musique. Depuis l’identification des auteurs, compositeurs ou interprètes, jusqu’aux renseignements plus riches qui y sont liés comme les biographies et photos ou les informations ponctuelles comme les dates de festival ou la disponibilité de places de concert.
Jusqu’alors, ce sont pour l’essentiel les ayants droits qui se sont préoccupés de cette question. Ils ont investit du temps et des moyens dans des normes d’identification internationales aux standard ISO. Ce sont les œuvres avec leur ISWC, les enregistrements avec leur ISRC et les contributeurs (artistes, auteurs, musiciens..) avec l’ISNI.
Ces outils sont en place, ou presque. Reste à les faire communiquer entre eux.
Pour les ayant droits, l’enjeu est de taille, il permet de réaliser d’importantes économies en informatisant la totalité des processus d’échange d’informations et donc de flux financiers entre sociétés de gestions de droits (à l’international) et entre opérateurs.
DDEX permet ainsi de standardiser et d’automatiser les rapports de ventes des plateformes comme iTunes ou Amazon auprès des ayants droits.
Les économies ainsi réalisées permettent d’absorber la gigantesque progression du nombre de micro transactions musicales sur mobile ou internet.
Par ailleurs, c’est sous la pression de l’Europe et notamment de la commissaire européenne à la société numérique, Neelie Kroes, que les sociétés d’auteurs travaillent aujourd’hui à la mise en place éventuelle d’une licence numérique européenne.
Ceci implique la mise ne place d’une gigantesque base de données partagée de tous les titres musicaux. Ce projet a un nom : Global Repertoire Database.
Ainsi, et parfois sous la pression des autorités, les outils se mettent en place pour les professionnels dans le but de fluidifier la gestion des droits de la musique numérique, mais il faudra encore compter une petite dizaine d’années pour qu’ils soient pleinement opérationnels.
Mais quid de l’accès du grand public à ces bases d’information ?

Car entre temps, de nombreux service veulent vendre la musique et, pour se faire, développent différents services. Par exemple, en terme de recommandation, permettre, à partir de l’écoute d’un titre d’accéder à tous les titres du même auteur, du même compositeur. Mais aussi, interprétés par le même saxophoniste, enregistré par le même réalisateur.
De même des services pourraient d’ores et déjà fournir les dates de tournées, de festivals, en lien direct avec l’écoute de musique. Enfin, pourquoi ne pourrais-je pas exporter ma discothèque sous forme de playlist et permettre à ceux qui veulent de l’écouter, indifféremment sur Deezer ou Spotify ou tout autre service musical gratuit ou payant ?
Aujourd’hui, toutes ces informations existent sous différents formats, sur différentes bases de données qui ne communiquent pas entre elles.
Les services publics développent des bases mais chacun dans son coin, de la Bibliothèque nationale à Radio France. Pourtant, ces données sont essentielles pour les mélomanes. S’il est évident que certaines sont stratégiques (redistribution de droits) ou réservées à usage commercial, il est de nombreuses données qui, en circulant librement sur les réseaux en même temps que la musique permettraient à cette dernière d’être mieux valorisée et de trouver plus facilement le chemin de la monétisation.
De plus, il ne faut pas écarter de ces outils toutes les musiques traditionnelles, dont un grand nombre sont libres de droits d’auteur.
Développer l’information autour de ces musiques est également un moyen de permettre l’accès au catalogue le plus large avec les outils qui permettent de spécifier des choix. L’interopérabilité des métadonnées et la publication de certaines d’entre elles sur le principe de l’open data est également un enjeu de la diversité culturelle. C’est de tout cela qu’il sera question au cours de cette première « live conférence » avec un objectif, favoriser l’émergence d’un outil d’information ouvert qui donne accès aux plus d’éléments possible sur la musique et ceux qui la font.
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